Inédit : le véritable règlement
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La phrase du jour : " Qui regulae vivit, Deo vivit" (extrait du réglement)
c'est vivre pour Dieu que de vivre conformément à une règle

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Chavagnes raconté par un écrivain,

Yves Viollier

(quatrième de couverture)
En ce temps-là, la Vendée envoyait des bataillons d'enfants au séminaire. Les prêtres recruteurs faisaient l'éloge des " familles nombreuses où les parents n'ont pas craint, pour obéir à la loi divine, d'accepter les plus lourdes charges ".
François Devineau, l'aîné des garçons d'une famille de paysans de La Rabatelière, fut ordonné prêtre le dimanche 28 juin 1953. Son comportement avait suscité quelque inquiétude chez ses maîtres. Non sans raison. Quand, devenu vicaire de la paroisse de Montorgueil, il s'enfonça dans le péché, son curé sortit son confessionnal sur la place de l'église et y mit le feu.
François fut déplacé dans une paroisse de la Charente. Tout contact lui fut interdit avec celle par qui le scandale était venu. Il considéra qu'il n'avait pas suffisamment payé, et s'administra d'autres mortifications...
Aujourd'hui les blessures semblent s'être cicatrisées. " La maison du bon Dieu " - ainsi appelle-t-on la ferme où François Devineau s'est retiré avec les siens - s'est ouverte aux hommes partagés entre le ciel et la terre. Et il est revenu prendre sa place à la table de famille, sous la poutre noircie où est fixée la faux retournée de l'ancêtre, combattant de 1793.
     

Je ne vais pas dévoiler la fin du livre, mais j'ai trouvé passionnante la description du milieu rural du jeune héros. Je m'y suis bien retrouvé dans les quelques pages qui décrivent la vie au séminaire, par petites touches très légères. Les noms des professeurs ont été modifiés. Les anciens saurez-vous rétablir les bonnes identités ?

(court extrait en attendant l'autorisation de l'auteur que je n'arrive pas à joindre. L'adresse de son site personnelle n'est plus correcte).

Le père supérieur s'adressa pour la première fois à l'ensemble des séminaristes lors de la prière du soir, dans la chapelle. François avait suivi Gaston qui le précédait sur les rangs. Il avait gravi les gradins disposés de part et d'autre de l'allée centrale, s'était tourné comme lui vers l'autel, bras croisés, attendant le signal du claquoir pour s'agenouiller. Le père Béduneau était un homme de petite taille au visage volontaire et à l'allure énergique, le crâne chauve couronné d'une chevelure grisonnante coupée court. Il se découvrit de sa barrette et la posa avec son bréviaire sur le portillon de la sainte table. Il serrait dans sa main gauche sa montre oignon, la chaîne passée autour de son poignet. Il promena lentement son regard perçant à travers les gradins, s'attardant davantage sur les nouveaux venus.
- Je ne vous connais pas encore tous, dit-il enfin. Cela viendra. Je voudrais m'adresser d'abord à ceux qui sont venus rejoindre notre famille. Vous allez être prêtres...
Ces mots prononcés par le père supérieur dans ce silence religieux frappèrent François comme un coup de poing. Il ne s'était jamais placé dans une perspective si proche. Il se demanda soudain comment, dans sa folie, il s'était placé dans les mâchoires du piège qui venait de se refermer sur lui. Il se rappela sa mère se défaisant de son tablier au moment de son départ comme lorsqu'il arrivait du monde. Elle l'avait embrassé et s'était mise à pleurer à lourds sanglots.
François sentit les larmes lui monter aux yeux. Il refusa de s'apitoyer. Il récita avec ferveur la dizaine de chapelet que le père supérieur dirigeait. Il admira la beauté des voix d'enfants et d'hommes mêlées de la chorale qui entonna le Tota pulchra es de Dom Pothier. Il eut envie d'être de ces chanteurs debout dont les regards sautaient la tranche rouge du paroissien pour suivre à la fois la mesure du maître de choeur et les notes sur la portée.
L'année s'ouvrit sur une retraite de trois jours. Le missionnaire demanda aux séminaristes de partir pour le désert. Il les pria de fermer les yeux pendant que l'organiste jouait le Tantum ergo de J.S. Bach, et leur chuchota: " Imaginez-vous dans la cathédrale, le jour de votre ordination. Vous êtes allongés sur les dalles. Votre évêque vous appelle... " Il conta l'histoire du petit saint Louis de Gonzague, jouant à la balle avec ses camarades. On lui demanda ce qu'il ferait si on lui annonçait qu'il allait mourir dans une heure. " Je continuerais de jouer à la balle! " François décida de se confesser au père. Il prépara un billet de confession avec ses péchés ordinaires suivis d'un tiret et d'un large blanc. Il resta muet lorsqu'il arriva au blanc.
Il s'adapta sans effort au règlement du séminaire gouverné par la sonnerie de la cloche. [...]

la suite peut-être avec l'autorisation d'Yves.

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accès au haut de cette page dernière mise à jour le 8 février 2010