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La formation des clercs analysé par un théologien psychanalyste

Eugène DREWERMANN


Le sommaire | La conclusion | La citation de Luther.
   

[...] page 650 (c'est moi qui ai souligné la phrase que j'ai trouvée importante).

Si l'analyse se contentait de remettre sur pied, ici et là, tel prêtre névrosé ou telle religieuse en détresse, on pourrait la tolérer comme une méthode de traitement un peu particulière valable pour des originaux. Mais voilà qu'elle réclame une modification de la société et de l'Église, en vue de mettre fin à une certaine forme de direction extrinsèque et d'aliénation. Voilà qu'elle réclame qu'on cesse de faire fonctionner la religion comme un simple surmoi pour imposer des idées valables en elles-mêmes et pour elles-mêmes. Elle remet dès lors en question l'assurance dont font preuve ceux qui ont fui leur insécurité ontologique pour le confort d'une fonction leur assurant calme et sécurité. Elle lance ainsi inévitablement un défi à tous ceux qui se réfugient dans un service apostolique pour se dispenser d'être eux-mêmes. Elle provoque ainsi d'elle-même la réaction de tous ceux qui ont dû monter sur les tréteaux du pouvoir pour échapper à l'impression que, personnes " ordinaires ", elles ne seraient plus rien du tout.
L'Eglise devait cesser de jouer à l'Etat (au sens où Nietzsche l'entendait") avec ses clercs en les considérant comme des fonctionnaires de la Cour de Dieu sur terre. Au lieu de les pousser vers une fonction, elle devrait apprendre à ceux qui sont dans ses rangs la " petite pauvreté " qui laisse à chacun sa particularité en lui faisant découvrir par là à quel point il est nécessaire. Elle devrait pour cela recourir à des méthodes de formation qui, en intensifiant la découverte de soi et la maturation personnelle, correspondraient quelque peu à ce qu'en formation psychanalytique on appelle aujourd'hui autoanalyse, une autoanalyse qui peut s'étaler sur des années. Il faut avant tout cesser de former des pasteurs qui doivent sacrifier leur âme personnelle au lieu d'apprendre à la connaître; et des moines ou des religieuses qui doivent servir leur ordre, au lieu de voir d'abord si les choses sont bien en ordre au fond d'eux-mêmes. C'est là le point décisif sur lequel l'Église catholique doit changer, à moins de devoir rapidement découvrir qu'elle est dépassée. Dans sa forme actuelle, elle représente déjà un type de religion qui, de par sa structure sociale, relève plus du Moyen Age que des temps modernes et, de par sa mentalité ascétique et sacrificielle, paraît plus archaïque que chrétienne. C'est par l'attitude qu'elle adopte aujourd'hui à l'égard de ses clercs que l'Église catholique décidera de son sort : sera-t-elle un ferment dans la pâte de l'Histoire (Mt 13, 33) ou un airain qui sonne et une cymbale qui retentit (1 Co 13, 1) ? [...]

 

 

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accès au haut de cette page dernière mise à jour le 8 février 2010