Inédit : le véritable règlement
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La phrase du jour : " Qui regulae vivit, Deo vivit" (extrait du réglement)
c'est vivre pour Dieu que de vivre conformément à une règle

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Introduction
 
L'histoire du Petit Séminaire :
> Le Père fondateur
> Napoléon et les Séminaires.
> Chavagnes était-il le 1er Séminaire ?.
> Principales dates de 1801 à 2002
> Le " miracle" de Notre-Dame du Sceptre.
> les bâtiments de 1959 et 2004
 
La vie de tous les jours :
 
Le travail intellectuel :
 
Le recrutement
 
Et le sexe dans tout ça ?
 
Le coin des anciens
 
Bibliographie
 
Adresses utiles.
 
Vos Réactions.

De la fondation par le Père Baudoin.

un prêtre réfractaire
qui fait de la prison
son arrivée
à Chavagnes
sa rencontre
avec Napoléon
ses démarches
pour rester à Chavagnes

Début du chapitr II du livre "Du Sang des fleurs".

Ce livre m'avait plu en 6ème. Je l'ai entendu aussi au réfectoire. Actuellement je ne m'ennuie pas en le relisant. Son style m'amuse beaucoup... Voici, pour commencer la situation des prêtres au début de la révolution. (le Père Baudoin était en exil en Espagne pendant la guerre de Vendée... Il avait un sacré tempérament).

L'orage.

Déjà la Révolution commençait. Le 6 Novembre, l'Assemblée Constituante dépouillait l'Eglise de France de tous ses biens. Le 12 Juillet 1790, cette même Assemblée, poursuivant son oeuvre sacrilège, votait la Constitution civile du Clergé dont le but évident était de détacher la France de l'Eglise catholique. Le 6Janvier, les évêques et les prêtres devaient prêter serment à cette Constitution. Ceux qui refusèrent de s'y soumettre furent appelés réfractaires ou insermentés. Ceux qui, au contraire, par ignorance ou par ambition, consentirent à donner leur signature, reçurent le nom d'assermentés ; mais, dans l'Ouest tout au moins, le peuple ne les désignait guère que sous le nom de- prêtres "jureurs". Les premiers étaient violemment destitués de leur charge, les seconds invités à se présenter au suffrage du peuple pour remplir les places vacantes.

Confesseur de la foi.

Les prêtres jureurs furent rares en Vendée. L'abbé Louis-Marie Baudouin repoussa ce serment schismatique de toute l'énergie de son âme. Bien plus, la profession de foi et les protestations motivées dont il accompagna son refus eurent le don d'exaspérer les membres du district. Ils s'emportèrent et vomirent d'horribles blasphèmes. Une sainte indignation s'empara alors du jeune prêtre " Messieurs, leur dit-il, je vois bien que si vous aviez fait partie du tribunal qui condamna Jésus-Christ à mort vous ne vous seriez pas abstenus. " - " Non, certainement, répondit l'un d'eux, ils étaient dans le système de la légalité. " Parole impie, qui met à nu le fanatisme de ces misérables.
L'abbé Baudouin venait de se désigner à la malveillance et aux représailles des autorités révolutionnaires. Un fait ne tarda pas à leur donner l'occasion de les exercer.

Un intrus à Luçon.

La Constitution civile du Clergé remettait la nomination des Evêques au corps électoral. Au diocèse de Luçon, un prêtre ne craignit pas de poser sa candidature à l'évêché constitutionnel de Vendée ; ce fut Rodrigue, curé de Fougeré. Il fut élu, consacré, et, quelques jours après, soutenu par la garde nationale, il faisait à Luçon son entrée solennelle.
L'abbé Louis-Marie Baudouin, malgré sa jeunesse, ne consultant que l'ardeur de son âme apostolique, résolut de tout tenter pour éveiller les remords. dans le cœur de Rodrigue et l'empêcher, s'il était encore possible, de consommer son forfait. Pendant le trajet, il lui fit parvenir un billet. Ce billet contenait les paroles de reproche de Notre-Seigneur à Judas: " Amice, ad quid venisti ? Mon ami, pourquoi êtes-vous venu ? " L'apostat reçut le coup et continua sa marche. M. Baudouin lui fit remettre un second message, avec ces autres paroles du Sauveur " Judas, osculo Filium hominis tradis ! M Judas, tu trahis le Fils de l'homme par un baiser ! "
Hélas ! le coeur de Rodrigue était rempli de trop d'orgueil et d'ambition pour écouter ces graves reproches. Rien ne put l'arrêter. Il se rendit à l'évêché et s'y installa. Après quoi, payant d'audace, il alla se présenter à la cure de Luçon. Il espérait sans doute gagner à sa, cause les Messieurs Baudouin. Mais, fidèles au conseil de l'EspritSaint, de n'avoir aucune communication avec les apostats, les deux frères interdirent au prêtre coupable l'entrée de leur maison.

Vous n'avez aucun pouvoir !

Dès lors, M. Louis-Marie Baudouin fut en butte aux poursuites d'une police tracassière et brutale, recrutée parmi les plus tarés de la lie du peuple.. L'entrée de l'église lui était interdite. Il disait la messe et confessait dans une cave qu'une famille courageuse avait mise à sa disposition. Ce n'était, hélas ! que le commencement de cette vie de prêtre traqué et proscrit qu'il devait mener pendant huit ans.
Défense lui était faite pareillement de reparaître à l'hôpital. Mais, en temps de persécution, le zèle se fait industrieux. Malgré l'étroite surveillance dont il était l'objet, il réussit pendant quelques semaines encore à parvenir au chevet des mourants.
Prévenu qu'un malade en danger de mort le demandait, il s'y rendit sans plus tarder, insouciant des rigueurs auxquelles il s'exposait. Rodrigue l'avait devancé. N'écoutant que son zèle, il s'avança vers l'intrus, le bras tendu pour lui montrer la porte : " Vous n'avez aucun pouvoir, s'écria-t-il avec indignation ; vous ne pouvez pas, sans sacrilège, administrer les sacrements, et il ne sera pas dit que vous les aurez profanés en ma présence. " Devant une telle fermeté, l'intrus n'osa pas résister - les malades, d'ailleurs, prenaient parti pour leur aumônier qu'ils aimaient - il s'enfuit tête basse, la rougeur au front, la haine au cœur, jurant de se venger.

En prison pour Jésus-Christ

La vengeance de Rodrigue ne se fit pas attendre. Quelques heures après, l'abbé Louis-Marie Baudouin était signalé à la police, arrêté et conduit sous bonne escorte à la prison de Fontenay-le-Comte. C'était le premier prêtre de Vendée emprisonné pour son attachement à la sainte Eglise.

Toutes les situations sont bonnes aux vrais apôtres pour travailler , au salut -des âmes. L'abbé Baudouin regarda tout de suite la prison comme un nouveau champ d'apostolat que la divine Providence l'invitait à cultiver. Il n'avait autour de lui que des malfaiteurs, il chercha à gagner leurs âmes à Dieu. Hélas ! son zèle et ses exhortations se heurtèrent à des cœurs endurcis et obstinés ; il ne réussit pas à les. convertir. Il s'attira du moins leur confiance ; volontiers, ils lui contaient leurs prouesses et le mettaient dans le secret de leurs projets. " Dans la troupe, aimait à raconter le bon Père avec son aimable gaieté, je distinguai avant tous les autres un vieux routier dont l'œil vif et résolu me frappa ; je lui dis avec intérêt : " Et vous, l'ami, qu'est-ce donc qui vous amène ici ? - C'est, me répondit-il, qu'il y a -du tutu dans mon affaire. " - Ah ! je vois que vous êtes un voleur de chevaux. " - "Précisément, Monsieur l'Abbé. " - " Combien pensez-vous en avoir pris, trente, quarante ? " - " Oh ! bien plus que cela. ! -Si je ne me trompe pas, j'en ai pris plus de onze cents. " - " Comment, onze cents ! il y a donc longtemps que vous faites le métier ? " Oui, mais j'en suis las et je veux vivre en honnête homme. " - " Et comment ferez-vous ? " - " Voici : je passerai en Angleterre ou j'ai des fonds placés, puis, je retournerai dans mon pays que j'ai quitté jeune avec la réputation d'un honnête garçon. Alors, je me mettrai dans le commerce et je vivrai tranquille ; car, dans le métier que je mène, voyez-vous, il y a de mauvais quarts d'heure à passer. Mes camarades et moi nous allons passer - quelques jours ici pour nous reposer ; puis nous prendrons la clef des champs. Nous avons pratiqué un trou dans ce mur ; ce trou est recouvert par une botte de paille sur laquelle l'un de nous reste couché quand le geôlier vient faire sa visite. Si vous voulez vous sauver avec nous, Monsieur l'Abbé, nous vous conduirons en toute sécurité où vous jugerez bon. " - " Grand merci, mon ami, répondit le saint prêtre, j'attendrai ici les moments de la Providence. Je vous souhaite un bon voyage. " Une belle nuit, en -effet, les " chers camarades " délogèrent sans tambour ni trompette, comme ils l'avaient dit ; le geôlier ne se réveilla que le matin. Je crois q'on me soupçonna fort d'avoir conspiré, au moins par mon silence. Je m'en aperçus à la surveillance plus sévère que l'on exerça contre moi à partir de ce moment. "
Hélas ! le départ de ses chers camarades ne le laissa point seul. Depuis quelques semaines, la prison s'était remplie de prêtres venus de tous les points du département. Parmi eux, se trouvait le curé de Maillé, M. Herbert, octogénaire, que son grand âge ne devait pas préserver de l'échafaud.

Retour à Luçon ! Sauvé. Suspect

Relâché au bout de sept mois, il revint à Luçon se remettre au service des âmes. Mais, comme il devait s'y attendre; les révolutionnaires l'eurent bien vite reconnu. Un jour, plusieurs d'entre eux le poursuivirent et il n'eut que le temps de se réfugier dans la maison d'un royaliste de ses amis. La porte se referma au moment Où le sabre de l'un de ces misérables s'abattait sur lui. Du coup, la porte vola en éclats ; mais déjà, heureusement, M. Baudouin s'était échappé…

[pour la suite, acheter le livre où l'emprunter à la source ? je trouve ce livre jubilatoire...]

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accès au haut de cette page dernière mise à jour le 8 février 2010