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La phrase du jour : " Qui regulae vivit, Deo vivit" (extrait du réglement)
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Introduction
 
L'histoire du Petit Séminaire :
> Le Père fondateur
> Napoléon et les Séminaires.
> Chavagnes était-il le 1er Séminaire ?.
> Principales dates de 1801 à 2002
> Le " miracle" de Notre-Dame du Sceptre.
> les bâtiments de 1959 et 2004
 
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La fondation par le Père Baudoin : Sa rencontre avec Napoléon.

un prêtre réfractaire
qui fait de la prison
son arrivée
à Chavagnes
sa rencontre
avec Napoléon
ses démarches
pour rester à Chavagnes

CHAPITRE III du livre du Père CHaille
ESPOIR ET DÉCEPTION

(A l'époque, Chavagnes dépendait administrativement du district de Montaigu. Mais d'un point de vue religieux, Chavagnes était dans le diocèse de La Rochelle)


La promesse de Napoléon.


Au ours de l'été 1808 on apprit que Napoléon, venant de Bayonne par la route de Bordeaux à Nantes, devait passer le 8 août à la Chardière, à deux kilomètres du bourg de Chavagnes.
La nuit était déjà tombée. Depuis 4 heures de l'après-midi, la population attendait sans se lasser autour d'un arc de triomphe où l'on pouvait lire : " La terre se tut en sa présence ". Le P. Baudouin engagea ses élèves à se procurer des flambeaux ; la foule suivit cet exemple. Du haut de la côte qui domine le château de la Chardière, l'attention de l'empereur fut mise en éveil par cette illumination mobile. Il fit arrêter sa voiture près de l'arc de triomphe. Les acclamations dont il fut l'objet lui firent comprendre qu'il avait affaire à des étudiants. " Qu'est-ce que ceci? " demanda-t-il. - " C'est lui répondit-on, le séminaire de La Rochelle ". - L'empereur demanda d'un ton bienveillant au supérieur comment il se faisait que le séminaire de La Rochelle se trouvait là. Puis il s'informa du nombre des élèves, des professeurs, des sciences enseignées, etc...
Après avoir satisfait à toutes ces questions, le P. Baudouin songeait à se retirer, lorsque Napoléon, d'un air engageant, lui dit : " Mais vous ne me demandez aucune grâce ? - Sire, je n'osais, répondit le P. Baudouin. - Osez. - Eh bien, Sire, nous avons besoin d'un autre bâtiment pour loger plus convenablement nos élèves. - J'accorde 100.000 francs pour bâtir ". Et la voiture disparut au milieu des vivats.

Projet de translation à Napoléon-Vendée.


Grande fut la déception du P. Baudouin lorsque, quelques jours plus tard, il apprit la décision d'employer les 100.000 francs promis à la Chardière, à construire un séminaire à Napoléon-Vendée.
Le bruit courait que, de la Chardière à Montaigu, l'empereur avait réfléchi sur l'entretien qu'il venait d'avoir avec le supérieur du séminaire et sur les faveurs qu'il lui avait accordées. Il avait posé des questions aux autorités de Montaigu sur l'établissement de Chavagnes. " Ces gens-là n'auront donc personne pour les surveiller? ", se serait-il écrié. Ayant pris de nouvelles informations à Nantes, il aurait tenu les mêmes propos.

Le matin même de l'entrevue de la Chardière, 8 août 1808, l'empereur, de passage à Napoléon-Vendée, avait pris plusieurs mesures qui devaient avoir les plus heureuses conséquences. Outre une subvention; de 300.000 francs pour la reconstruction des maisons particulières et une somme égale pour la réparation des églises et des presbytères, l'empereur avait promis 150.000 francs pour la construction du séminaire de La Rochelle.

ARTICLE 6. - Une somme de 150.000 francs sera affectée à l'achèvement des travaux du séminaire diocésain de La Rochelle qui seront conduits de façon à être terminés en 1810.
ARTICLE 8. - Le séminaire diocésain établi provisoirement à... sera transféré à Napoléon ; dans un local désigné à cet effet. Il sera établi (construit) et la translation effectuée dans le dit local le 10 janvier 1810. La somme affectée au séminaire sera mise à la disposition de l'évêque diocésain pour les dépenses de translation, construction et premier établissement.


Le décret fit une peine profonde au P. Baudouin, et lorsque les ingénieurs du département vinrent lui demander ses vues pour le plan de l'édifice, il leur répondit : " L'empereur m'a accordé les fonds pour bâtir à Chavagnes et non à Napoléon, où je ne veux pas transférer mon établissement".
Napoléon avait-il réellement promis, le soir du 8 août, 100.000 francs au P. Baudouin ? L'un des meilleurs historiens de la Vendée, Emile Gabory, émet un doute, parce que cela paraît en contradiction avec les 150.000 francs accordés le matin même pour l'installation du séminaire dans la ville qu'il faisait édifier au centre de la Vendée.
Pourtant la promesse des 100.000 francs fut faite, cela n'est pas douteux. Mais l'interprétation n'était pas concordante.

A aucun moment l'empereur n'avait eu l'intention d'appliquer à Chavagnes une parcelle de cette somme. Il est à remarquer, en effet, que, dans le décret, le nom de Chavagnes est resté au bout de la plume du rédacteur. L'entourage, comme le maître lui-même, ignorait le nom de la localité où le séminaire de La Rochelle était situé; mais on savait parfaitement qu'il se trouvait dans une bourgade perdue du bocage vendéen. Cette rencontre ne fut donc qu'une demi-surprise, et on s'explique mieux l'interrogatoire subi par le P. Baudouin ainsi que les sentiments variés par lesquels était passé l'empereur.
Le supérieur et ses professeurs, ignorant alors les projets de Napoléon, pensèrent tout naturellement que ce don impérial allait leur être remis pour l'agrandissement de leur maison. D'où la déception qui s'ensuivit.

Napoléon avait d'autres vues. Il voulait centraliser au coeur de la Vendée, dans la ville qui porterait son nom, et qu'il rêvait digne de sa gloire, non seulement les administrations civiles : préfecture, casernes, palais de justice, lycée; mais aussi l'administration religieuse : l'évêché, la
cathédrale et, comme corollaire, le séminaire diocésain. Dès le 26 décembre 1804, Merlet, préfet de la Vendée, lui avait inspiré cette idée en lui écrivant : " Pour donner plus de consistance à la ville et lui imprimer un caractère d'une certaine importance, il conviendrait de transférer à Napoléon l'évêché fixé à La Rochelle ".

Quoi qu'il en soit, ce décret du 8 août 1808 ne fut pas exécuté en ce qui concerne le séminaire. Napoléon, absorbé par les événements d'Espagne et d'Autriche, remit à plus tard la réalisation de son projet, et le séminaire resta à Chavagnes.

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accès au haut de cette page dernière mise à jour le 8 février 2010